Février 2011 - Le point de départ

Le point de départ!

J’ai toujours voulu être bonne. Bonne dans quoi? Bonne dans tout! Je savais que j’étais une fille persévérante et que lorsque que je voulais quelque chose j’avais le pouvoir d’aller le chercher. Je suis une battante et j’ai du caractère, je veux jouer à la super woman trop souvent, la vie va me rattraper. Mais je suis jeune j’ai le vent dans les voiles alors je ne vois pas venir le mur pas une seule minute.


Je suis à l’université en droit lorsque que j’annonce à mes parents que je veux devenir « vendeuse de char » C’est la catastrophe, après tout pour mes parents ce n’est pas l’avenir qu’ils avaient pour moi. Ils s’imaginaient que j’allais être une grande avocate, mais non. J’ai toujours aimé les chemins sinueux. Pourquoi, bonne question. Peut-être parce que je connais le travail et les efforts et je n’ai pas peur de foncer. Mais aussi parce que j’aime ne pas être dans le courant mais contre le courant. Je suscite une forte réaction chez mes parents et c’est pour moi une satisfaction. Je me définis à ce moment-là dans ces choix drastique et dans la confrontation qu’ils apportent.


Après plusieurs années dans l’automobile je passe une entrevue qui va changer ma vie. Je deviens consultante en marketing interactif. La vie va bien, j’excelle dans mon nouveau travail, et rapidement je deviens directrice des ventes. J’approche mes 30 ans, je suis dans une relation stable depuis des années et je suis tellement confortable que je me rends à peser plus de 190 lbs.


Mon rapport à la nourriture est extrême. J’aime la bouffe, au début je me décris comme une épicurienne. Au fil du temps je commence à faire un peu, beaucoup d’angoisse et mon réconfort se retrouve dans la nourriture. Je veux toujours être meilleure au travail, je me mets une pression incroyable. Je ressens un drôle de feeling au niveau du sourcil. Étrange tu vas me dire, je trouvais aussi. Un matin je me lève, et il me manque la moitié du sourcil droit. Je consulte pour apprendre que je fais de l’alopécie. Certaines personnes vont perdre des cheveux, de la barbe chez les hommes lors d’un choc émotif comme exemple l’annonce d’un cancer, moi c’est mon sourcil et pour cause d’angoisse et de stress aigu. Mon médecin me donne deux choix : psychologue ou arrêt de travail. Boom le voici mon mur. Je suis une performante qui devrais s’arrêter?


Pas possible. Je prends l’option de consulter et commence des traitements en dermatologie pour favoriser la repousse de mon sourcil. Mais mon problème de nourriture est toujours là. Je sais au fond ce qui ne va pas dans mon travail, ma vie personnelle, mais se lever pour l’affronter est trop difficile à ce moment-ci.


J’aurai une rencontre déterminante, un dîner avec une bonne amie à l’automne 2010. Nous sommes au restaurant et elle me dit : Tu devrais peut-être arrêter de finir tes assiettes. Je suis blessée, fâchée, mais je sais que la bouffe a pris le dessus sur ma vie et que j’abuse aussi de l’alcool. J’ai des samedis ou je suis tellement ivre que je m’endors assise dans mon divan et je me réveille parce que je viens de me renverser mon Amaretto jus d’orange sur moi. Il me faudra quelques mois pour rebondir. Mais lors de notre voyage hivernal habituel je vais passer à l’action.


Nous sommes au Mexique moi et mon amoureux en février 2011. J’ai depuis les derniers mois développé une passion pour la photographie. Je suis très amateur mais je m’équipe comme une professionnelle car je ne fais rien à moitié. Un soir après une journée à la plage je vois LA PHOTO, celle qui sera le début d’une grande aventure. Je suis moche, je suis grosse, je ne suis plus en forme, j’ai perdu le contrôle. Je le sais depuis des mois, je le sens c’est mon corps, moi la freak du contrôle j’ai perdu tous mes repères. Je mens pour manger, je mange quand je suis triste et je mange pour me récompenser. Donc résultat : je mange tout le temps.


Mon plat favori c’était la poutine italienne quand je te dis que je mens c’est que je vais tellement souvent au Stratos près de chez moi, que la fille connaît mon nom, et sait ce que je commande. Une grosse poutine italienne extra fromage dans le fond s’il vous plait. À chaque fois c’est la même chose, deux fourchettes mon chum est en congé ce soir on va manger ça a deux. MENSONGE! Je vais défoncer cette poutine seule.


Je prends la décision ce soir-là de changer ma vie. Du Mexique j’appelle un gym près de chez moi pour prendre rendez-vous dès le lundi matin avec un entraîneur privé. Le dernier soir au Mexique je mange deux plats principaux au restaurant, je mange même un pad thaï aux crevettes et je n’aime pas les crevettes…Je ne prends même plus conscience du goût des aliments. Je me gave c’est tout.


Au retour c’est brutal. Il faut établir d’où on part et tracer où l’on va. Selon les tests j’ai 29 ans, mais mon âge physiologique est de 49 ans. J’ai un indice de masse corporelle de 29,8 et j’ai un pourcentage d’adiposité de 42,3%.


Lors du test je vois des points noirs à marcher sur un tapis roulant, j’ai envie de vomir, je frappe mon mur encore une fois. Aujourd’hui je peux dire enfin! À ce moment-là en 2011 je me dis plutôt comment j’ai pu me perdre? Et comment j’ai pu me perdre si longtemps?



BLOC NOTES :

· Tout le monde meurt, mais est-ce que toi tu vies?

· Explorer, se dépasser, repousser les limites.

· Être soi.

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