70,3 Tremblant et Lake Placid

L’hiver qui suit je retourne en Floride deux fois plutôt qu’une pour mettre du millage comme on dit dans le domaine, au printemps je prends un vol pour l’Utah pour aller rouler dans les plus beaux paysages que j’ai vu de ma vie. Ce sera difficile, pour l’orgueil, pour le physique. Après une heure sur une montée de 10K dans le fameux Snow Canyon je veux retourner chez moi. L’altitude, les côtes à l’infini, difficile. Mais j’ai des objectifs visés alors je serre les dents et je fonce. Mais j’aurai une attitude de perdante pendant les 4 premiers jours et je vais rebondir après une discussion avec mon coach, parce que je ne suis pas l’ombre de moi-même.


Je dois me refaire confiance malgré les difficultés que je rencontre.


Le 25 juin 2017 je prends le départ devant les miens pour le 70,3 Tremblant. Je suis nerveuse, c’est un parcours que je connais bien et que j’aime. Je m’élancerai sans plus aucune trace de ma blessure et je terminerai en pleurs après 6h06.


J’ai vaincu les crampes sur la course à pieds après avoir tout donné sur le vélo. Les pleurs en sortant de la zone de transition deviennent ma signature qui se perpétue sur le finish de chacune de mes courses. L’année précédente j’y avais fait la distance Olympique en préparation de cet évènement qui est sold out moins de 3 heures après l’ouverture des inscriptions. Courir à la maison ça n’a pas de prix. Et je te donne le truc pour les crampes : le jus de pickles! Oui oui du jus de pickles.


Cet été là je prendrai un deuxième départ sur un 70,3 et se sera au Lake Placid. Une de mes pires expériences en triathlon. Une eau froide le matin de la course, 7 degrés au thermomètre, dépasser un triathlète dans l’eau qui vomit sa vie en jet, et ne pas voir les bouées à cause de l’épais brouillard.


Une fois sur place nous avons même dû nous acheter des mitaines et des bas de laine à enfiler sur le vélo pour ne pas être frigorifié. Je prendrai une pénalité pour drafting, ma chaîne va débarquer deux fois et je devrai m’arrêter sur le parcours de course pour un besoin urgent dans une rangée de sapins pour finir le tout en 6h39. Des conifères c’est pas pratique à ce moment-là.


Mais je méritais cette journée. Nous étions allés tester le parcours plus tôt dans l’été entre amis. Juste pour le fun, pas en mode compétition. J’ai eu une attitude digne des plus grands perdants. J’ai passé 90k de vélo à dire que le parcours est de la marde, que c’est difficile, que j’haïs le parcours. Celui-ci se terminait par un 30 km de faux plat montant avec quelques bonnes côtes. J’ai détesté, je me suis mis dans un mauvais spirit que j’ai bien pris soin de préserver, alors la vie s’est chargée de s’occuper de moi ce matin-là. J’avais ce que je méritais.


BLOC NOTES :

· Peu importe les aspirations on ne choisit pas nos rêves, nos rêvent nous choisissent.

· Ne pas avoir la crainte de les nommer et se donner le droit de les visualiser.




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